Nous évoquions l’année dernière, nos aventures dans la source d’eau chaude de l’Abus dans les gorges d’Ollioules. Nous nous étions fait une raison, les explorations buttaient sur une étroiture infranchissable ! Nous pensions donc qu’il serait impossible d’aller plus loin ! Nos seuls espoirs résidant dans de futures analyses et interprétations scientifiques mais point d’explorations à l’horizon...

photo Marie-Laure Peyrucain
Mais voilà, la vérité est venue d’ailleurs. Un courriel est arrivé dernièrement dans la boîte du comité départemental de spéléologie. Un plongeur de l’Ariège narre sa récente découverte dans la fameuse source cachée dans les gorges d’Ollioules… Il est vrai que nous avions remarqué la présence d'un nouveau fil d'ariane sans se poser plus de questions...

Nous laissons donc la parole à Franck BRÉHIER :
"Je suis spéléo et plongeur spéléo sur l'Ariège. Lors d'un récent passage dans votre département, je suis allé rejeter un oeil dans la résurgence au-dessus d'Ollioules, la résurgence du Mascaron je crois... J'avais entendu parler de cette résurgence lorsque j'étais étudiant au labo de Moulis, et avais fait une première plongée lors du congrès national (2003). A cette occasion, j'avais franchi l'étroiture à quelques mètres de l'entrée qui avait arrêté Marc Renaud, et avais poursuivi un peu dans une galerie avec plusieurs passages étroits, aux parois très corrodées, touillant beaucoup au retour. Retour donc récement. J'ai poursuivi l'explo sur 105 m au total, et me suis arrêté à la profondeur de -34m. Ca continue à descendre, les volumes sont plus grands. Enfin globalement c'est plutôt de étroit-étroit. J'ai fait un bout de topo sur les 75 premiers mètres, jusqu'à la profondeur de -19"

Topographie : Franck BRÉHIER
Cette exploration est exceptionnelle. C'est l'espoir de mieux comprendre le fonctionnement hydrologique de cet exutoire. Les hydrogéologues se passionnent pour cette source mystérieuse depuis longtemps. C’est notamment l’aspect thermique qui les intéresse. Les futures investigations devraient nous amener de nouveaux éléments précieux.Mais Franck a découvert autre chose qui devrait éclairer la connaissance biologique :
"Pour ma part, je suis très intéressé pour continuer l'explo et compte le faire, même si c'est un peu loin de la maison. J'ai revu ces filaments bactériens qui avaient été mentionnés, je n'ai pas de nom pour l'instant de spécialiste mais je compte me renseigner, je pourrai trouver ça facilement (je travaille souvent avec le Muséum, j'ai fait de la bio sout). Cela peut être intéressant. Je n'ai pas vu en revanche de macrocrustacés (Stenasellus ou autre Niphargus), mais je pense qu'il serait intéressant de poser des pièges, les caractéristiques physico-chimiques de l'eau sont originales et on peut avoir des surprises."
Maintenant, nous savons que les rêves les plus fous sont permis. Nous attendons avec impatience de nouvelles explorations de cette source. Celle-là même qui a permis à la naissance d’Ollioules. Celle-là même qui a fait la réputation internationale du village en tant que capitale mondiale de la fleur. Celle-là même qui a vu passer des dizaines de péripatéticiennes venues de leur maison close toute proche pour profiter de l’agréable température de l’eau pour se laver.
Si la source de l’Abus garde encore pas mal de secrets, c’est une partie de ceux ci que Franck BRÉHIER vient de nous dévoiler…
A suivre…
